Dolina Volka Doula - Accompagnement de la vie de femme en Nord Isère
J'ai toujours su qu'un jours j'aurai des enfants. Plein d'enfants, d'ailleurs! Je viens d'une fratrie de 4 enfants et ça me semblait bien, normal.
En même temps, je n'ai jamais été attiré par les bébés. Je n'ai jamais joué à la poupée enfant, je ne savais même pas comment ça marche. J'étais introvertie et j'étais intellectuelle. Je lisais énormément et j'avais des grandes facilités dans mon parcours scolaire.
Après mon parcours scolaire j'ai démarré ma vie professionnelle avec grand enthousiasme et je me disais que je veux faire ça bien:
1) le mec
*check*
2) le CDI
*check*
3) le mariage
*check*
4) le bébé
*check*
Ben oui quoi! Et bingo, à mes 26 ans j'y étais et j'ai arrêté la pilule. Tout avait tellement bien fonctionné jusqu'ici et puis un couac.
Pas de règle depuis l'arrêt de ma pilule. Vu que je n'étais pas spécialement pressée j'attendais que ça se remette en place mais 1.5 années plus tard je voulais quand-même être sûre qu'il n'y avait pas de souci. Je n'avais encore jamais consulté de gynéco en France, depuis que je suis arrivée en France à mes 20 ans j'avais toujours fait en sorte de faire les suivis de routine lors des vacances en Autriche. Je tombe sur le seul gynéco qui n'a aucune liste d'attente, qui prend toute nouvelle patiente et ça dès la semaine prochaine. Bon, j'aurais pu m'en douter, c'était super naze! Le mec qui ne parle pas, qui me fouine dans le vagin en me faisant mal et qui n'a aucun tact. C'était la première et la dernière fois qu'il ma vu.
Je m'adresse au CHU de Chambéry et c'est là que le travail commence vraiment. Je suis prise en charge par Dr. Laure Descombes et on commence à chercher. Examen sur examen, prise de sang sur prise de sang. Je n'oublierai jamais l'expérience la plus douloureuse de toute ma vie, l'hystérosalpingographie (qui teste la perméabilité des trompes). Je n'ai jamais eu aussi mal, c'est atroce!

J'étais végétalienne à cette époque, on fait des bilans sanguins et RDV avec une nutritionniste, rien à signaler. Je fais beaucoup de course à pied, j'ai RDV avec un expert pour me dire si j'en fais trop ou trop intensément (je venais de faire un sémi-marathon en me donnant à fond). On a RDV Alex et moi chez une psy pour reparler de tout. Après qu'un médecin m'avait dit que j'y pensais peut-être trop, que je devrais me détendre et faire du yoga (ce que j'ai fait, ben ouais) elle me dit quoi? Ah... que je n'y pense peut-être pas assez, qu'au fond, j'en ai peut-être pas vraiment envie! Comment dire... je n'y suis jamais retournée...

Quelle galère! Je me faisais examiner à la loupe, on ne trouvait rien qui était "cassé". Dr. Descombes était honnête et me disait que c'est souvent comme ça, que dans 60% des cas on ne saura jamais pourquoi ça ne marche pas.
On décide de partir dans des stimulations ovariennes. Je me fais piquer par l'infirmière tous les jours avant l'ovulation, je viens au CHU tous les deux jours avant le boulot pour des échographies. Souvent sa stimule trop et on a interdiction d'avoir des rapports (il y a au moins une 10aine d'ovocytes). Les autres fois ça ne stimule rien du tout et on a "juste" droit aux rapports sur ordre:

*feu vert, c'est le moment, go, go, go!*
La première fois, au premier cycle, on en rigole et on trouve ça marrant. La deuxième fois, le cycle d'après, c'est moins marrant mais bon, on fait. La troisième fois c'est carrément nul, rien que le feu vert du médecin ça nous met la libido à zéro. On faut quelques mois de pause. Et puis une quatrième fois et là, on fait une aversion totale au processus. Plus envie de rien du tout, on est tous les deux moralement au fond du trou. La libido est à zéro tout le temps maintenant. On est à bout.
2 ans après le début du voyage médical on a donc tout arrêté. Je n'étais pas prêt pour la prochaine étape de la PMA, la FIV. Je n'en voulais pas du tout, j'aurais encore préférée d'adopter. Et après tout, je n'avais que 29 ans, il y a le temps!
On a fait tous les deux une grosse crise de vie, on voulait s'écouter au fond de nous et nous vraiment faire plaisir. Alex s'est acheté 3 voitures en 2 ans (bon, il a chaque vois revendu l'ancienne quand-même). Et moi, j'ai décidé de faire une portée LOF avec nos chiens. J'y ai mis toute mon énergie et c'est comme ça que Dolina Volka Husky Sibérien est né.
Je ferai 2 portées en 2014 car Fritz n'a pas seulement saillie Daika mais aussi Ebi. Moi qui pensais que ça n'aurait pas marché pour Ebi, haha! On a eu deux super portées. Je m'occupais des chiennes enceintes (dorlotées), j'étais là pour les deux accouchements (joie, angoisse et tristesse: 10 chiots en bonne santé, 2 mort-nés et 1 césarienne d'urgence). Je faisais tout pour la sociabilisation des chiots, ils étaient dans la maison les premières 4 semaines, je les sors en laisse dans le village, on fait des ballades dans la forêt. J'adorais!
Et puis, quelques semaines après les accouchement, ma règle revient... pour moi c'était évident qu'il y avait un lien.
Pendant un an j'ai des règles régulières. Je ne suivais pas du tout mes cycles parce que je ne voulais surtout pas me remettre une pression, on verra bien où ça nous mène. Et puis un an plus tard, la règle s'arrête de nouveau... grossesse??
Suite à l'arrêt de la PMA j'avais aussi laissé tomber la cuisine végane (j'avais été végétalienne pendant 3 ans) et j'ai complètement arrêté le sport. Avec du recul je me dis que je me suis coupée de tout contact avec mon corps. Je ne voulais plus l'écouter, plus en prendre soin, je ne voulais plus en entendre parler. D'ailleurs, au même moment ma situation professionnelle n'était franchement pas cool (le chef de la PME où j'étais est tombé dans la cocaïne). J'ai pris 5kg et j'étais au fond du trou, le projet avec les chiots était vraiment la chose qui me passionnait et qui m'a aidé à surmonter l'épreuve.
La suite dans la partie suivante!